Entre Provence et New-York

Le Chœur Régional PACA s’exporte. Avant son départ outre-Atlantique, il nous offre le Requiem de Duruflé

L’année 2016 célèbre les trente ans de la disparition de Maurice Duruflé, occasion de reprendre ses œuvres, dont le Requiem, l’une des dix œuvres sacrées les plus chantées au monde. Le Chœur Régional PACA, composé d’une centaine de chanteurs bénévoles expérimentés, sous la direction de son fondateur, Michel Piquemal, apporte sa fougue et son brio à un choix éclectique et prestigieux, que ce soit le Requiem de Mozart (que l’on a déjà applaudi l’an dernier à Velaux), ou la création d’œuvres contemporaines, comme le superbe Misatango-Messe à Buenos Aires de Martin Palmeri, qui, enchanté par la qualité du Chœur l’invite au Carnegie Hall à New York (en avril prochain) pour célébrer les vingt ans de cette composition aux côtés de choristes du monde entier, sélectionnés pour leur excellence… Nos provençaux feront partie du Disinguished Concerts Singers International. Excusez du peu ! Privilège donc, pour le public venu en foule au Conservatoire Darius Milhaud d’Aix-en-Provence, que de les écouter, dirigés avec une précise finesse par Michel Piquemal, dans la version de 1961 pour orgue (Laurent Fiévet), cordes, harpe, trompettes et timbales (remarquable orchestre du conservatoire Darius Milhaud), du Requiem, opus 9 de Maurice Duruflé. Justesse des voix, amplitude, netteté, art des silences, reprises délicates, se conjuguent pour un concert de haute volée. Dans cette partition difficile, mêlant les inspirations et les échos, de la pureté du chant grégorien au phrasé subtil d’un Fauré ou d’un Ravel, Duruflé avait prévu des soli, soprano et baryton, avec possibilité de les transmettre au chœur, Michel Piquemal donne les deux versions à entendre, avec la partie soprano interprétée par Chani Bauza, et la jolie rondeur de son timbre, et la partie baryton, par l’ensemble du pupitre. Auparavant, c’est un hommage à l’orgue seul dédié à Jehan Alain décédé à 29 ans pendant la seconde guerre mondiale que Laurent Fiévet joue avec virtuosité, puis le Notre Père pour quatre voix mixtes, dernière œuvre de Maurice Duruflé, témoignage d’amour et de tendresse à son épouse, Marie-Madeleine Duruflé, qui, brillante organiste, partageait avec lui la tribune de Saint-Etienne du Mont à Paris.

MARYVONNE COLOMBANI
Janvier 2016

Concert donné le 26 janvier, Conservatoire Darius Milhaud, Auditorium Campra, Aix-en-Provence.
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