Le Magnificat a mené le public de l’Italie à l’Argentine

Article paru dans La Provence , du lundi 23 octobre 2017

Très belle soirée au théâtre des Salins, samedi, dans la grande salle comble face à une scène peuplée de choristes envoûtants, un orchestre virtuose mené par un chef enthousiaste et au sommet de son art, un bandonéon improbable et inattendu et deux magnifiques solistes éclatantes. Le spectacle était réussi, très applaudi et commenté avec chaleur et humour par Michel Piquemal, à la direction d’orchestre.
Inutile peut-être de rappler que le Magnificat désigne le cantique chanté par la Vierge Marie après l’Annonciation, ce chant est tiré de l’évangile de Luc. Il était proposé en deux versions musicales, samedi, par le Chœur régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, et l’Orchestre régional de Cannes, avec essentiellement un orchestre de cordes. Le Magnificat de Vivaldi, œuvre classique, contribua à sa renommée internationale. Il était suivi du Magnificat de Palmeri avec la participation de Bénédicte Roussenq et Marion Lebègue, respectivement soprano et mezzo-soprano complices, émouvantes, aux voix splendides, qui nous ont emportés allègrement sur une scène d’opéra.
Martin Palmeri est le compositeur argentin du deuxième Magnificat, très applaudi par le public. "Palmeri est un grand ami du pape François (lui-même argentin), qui était autrefois amateur de tango, a voulu préciser Michel Piquemal soulevant les rires discrets du public, il dit que "la Misatango" (Messe à Buenos-Aires) est sa messe préférée et Palmeri un compositeur de talent". En effet et le Magnificat était servi avec brio, par l’argentin Gilberto Pereyra au bandonéon, instrument emblématique du tango argentin (il ressemble à un petit accordéon). Un long moment de bonheur pour les spectateurs des Salins, une belle découverte pour la plupart.
"Emerveillé", "magique", "on sent la passion des choristes", "agréablement impressionnée par le côté religieux associé au tango, et presque antinomique, dans le second magnificat", "inattendu et réussi", les éloges n’ont pas manqué à la fin de ce voyage merveilleux de la musique baroque italienne à la musique contemporaine argentine.
N.GA.