Saisissantes épopées symphoniques à Aix-en-Provence

La Marseillaise - parution le 08 avril 2015

Colossal
La même scène du GTP, lundi soir, suffisait à peine à contenir les 250 exécutants (choeur et orchestre) convoqués pour la Symphonie n°2 de Gustav Mahler, dite Résurrection. Le Gustav Mahler Jugenorchester, orchestre de jeunes pupitres, le Choeur régional Paca et le Choeur régional Vittoria d’Ile-de-France de Michel Piquemal ont offert une exceptionnelle aventure musicale, pleine de fraîcheur et
d’enthousiasme juvénile. Cette gigantesque partition mêle orchestre, choeur et lieder pour solistes (Chen Reiss et Christa Mayer), dont le sublime Urlicht, pour délivrer un message panthéiste. Le chef Jonathan Nott s’en empare, sans partition, et forge un moment intense, bouleversant, d’une puissance sonore peu commune. Il ne perd jamais de vue la clarté de l’architecture foisonnante, surtout lorsque cuivres et timbales résonnent de la dernière galerie. L’expérience est saisissante, tant par la richesse insondable de la partition de Mahler que par l’effectif colossal mis en place. La musique symphonique devient grand spectacle, elle se construit sous
nos yeux et prend corps.

Les deux orchestres ont été salués par l’ovation debout d’un public électrisé qui est ressorti de ces deux soirées symphoniques lessivé mais heureux.

Patrick Di Maria