Une très belle édition du festival classique de Velaux

Zibeline - parution le 23/04/15

Une très belle édition du festival classique de Velaux

Délices classiques

Désormais traditionnel, le court (trop court ?) Festival des Classiques à Velaux, dans la belle salle de l’Espace Nova, offrait cette saison deux concerts répondant à la volonté de qualité et d’éclectisme des lieux. Un premier temps était consacré au chant lyrique, avec le récital Offenbach et ses amis. Délicieux duo de la soprano Aude Fabre et du baryton Bernard Imbert, accompagnés par le sensible métronome Franck Pantin au piano… Non seulement la grâce du chant mais l’humour, le jeu entre les musiciens, le quizz d’Ave Maria proposé, gagne le public nombreux. On retrouve avec plaisir des airs célèbres, La ci darem la mano, extrait de Don Giovanni, la virtuosité du dialogue entre Papageno et Papagena de La Flûte enchantée, clin d’oeil du grand Mozart au ‘Petit Mozart des Champs Élysées’ qu’illustrait avec force mimes et cocasseries Bernard Imbert avec l’air du Viceroi de la Périchole, auquel faisait écho l’air du Général Boum de La Grande Duchesse de Gerolstein… La Vie parisienne passe par là, croise Thaïs, frôle Wagner (qui disait d’Offenbach « il sait faire comme le divin Mozart ») et Tannhäuser. Le Duo de l’âne de Véronique de Messager compte fleurette, decidelà, cahincaha, au Duo de la mouche désopilant, extrait d’Orphée aux Enfers. On a de généreux rappels, la légèreté de la fabrication de la bouillabaisse de l’opérette marseillaise et l’Heure exquise qui grise le public entier… Tour de force de ces deux chanteurs talentueux, de passer avec une charmante aisance d’un univers à l’autre, en établissant une réelle complicité avec les spectateurs. On en redemande !

Un plateau bien plus ambitieux, devant une salle comble, était rassemblé pour le Requiem de Mozart : trente cinq musiciens de l’Orchestre Philharmonique de l’Opéra de Marseille, dirigé par Michel Piquemal, quatre-vingts chanteurs du Chœur Régional Provence Alpes Côte d’Azur et un remarquable quatuor, Aude Fabre, spirituelle soprano, Moonjin Kim, mezzosoprano et ses graves impressionnants, Paolo Lardizzone, ténor et Bernard Imbert, baryton. En ouverture, l’Exsultate Jubilate, oeuvre de jeunesse de Mozart, et son Ave Verum corpus, motet sans doute le plus célèbre du compositeur. Pari risqué de s’attacher ainsi à interpréter des œuvres aussi connues, aussi puissantes. Là plus encore que pour d’autres partitions la médiocrité n’est possible ! L’ambitieux pari est tenu. Cette belle formation sait emporter son public, avec une mise en place rigoureuse, un beau frissonnement du chœur, parfois desservi par l’acoustique un peu sèche de la salle. Les rappels pleuvent, enthousiastes. Émotion du silence demandé pour la reprise de l’Ave Verum, hommage sensible aux victimes des remuements du monde…

MARYVONNE COLOMBANI
Avril 2015